Actualité réglementaire — juin 2026

MaPrimeRénov' 2026 : les travaux qui sortent des aides « par geste » dès septembre

Un nouveau décret va resserrer encore le dispositif MaPrimeRénov'. Poêle à bois, chauffe-eau solaire, isolation de toiture, remplacement des fenêtres : plusieurs travaux réalisés seuls perdraient leur éligibilité dès septembre 2026. Voici ce qui change concrètement, ce qui reste aidé, et ce que cela signifie pour un projet en Charente-Maritime ou en Charente.

Mis à jour le 29 juin 2026 — Lecture 7 min

Changement de MaPrimeRénov' en 2026 : travaux exclus du parcours par geste dès septembre

Un décret et un arrêté sont présentés le 2 juillet au Conseil national de l'habitat, pour une entrée en vigueur en septembre 2026.

Poêles à bois et granulés, chauffe-eau solaires, ventilation, isolation des toits et rampants, remplacement des fenêtres : ces travaux ne seraient plus aidés seuls, uniquement intégrés à une rénovation globale.

La pompe à chaleur de chauffage et le photovoltaïque ne sont pas concernés par cette réforme.

Maison en pierre charentaise avec artisan RGE devant un chantier de rénovation énergétique en Charente-Maritime

Ce que prévoit le décret du 2 juillet

Le ministère de la Ville et du Logement a confirmé fin juin vouloir réduire une nouvelle fois le périmètre du parcours MaPrimeRénov' « par geste », c'est-à-dire l'aide versée pour un seul type de travaux, sans rénovation globale du logement.

Les travaux suivants en sortiraient :

  • l'installation d'un poêle à bois ou à granulés (hors Outre-mer)
  • l'installation d'un chauffe-eau ou d'un chauffage solaire
  • l'installation d'un ballon thermodynamique pour la seule production d'eau chaude sanitaire
  • l'installation d'un système de ventilation
  • l'isolation des toits et des rampants
  • le remplacement des fenêtres

Resteraient finançables en geste isolé : l'installation d'une pompe à chaleur utilisée pour le chauffage, le raccordement à un réseau de chaleur, et la dépose d'une cuve à fioul.

Le ministère justifie ce choix par la volonté de « concentrer l'argent public sur les rénovations les plus efficaces », c'est-à-dire les bouquets de travaux qui font gagner au moins deux classes énergétiques au logement. Un décret et un arrêté doivent être examinés le 2 juillet par le Conseil national de l'habitat, pour une entrée en vigueur annoncée en septembre 2026.

Ce n'est pas une première. L'isolation des murs et les chaudières biomasse installées seules avaient déjà perdu leur éligibilité au 1er janvier 2026, par le décret n° 2025-956 du 8 septembre 2025. Le mouvement se poursuit, et s'accélère.

GesteAidé seul après septembre 2026
Pompe à chaleur (chauffage)Oui
Raccordement réseau de chaleurOui
Dépose de cuve à fioulOui
Ballon thermodynamique (ECS seule)Non
Poêle à bois / granulésNon
Chauffe-eau / chauffage solaireNon
VentilationNon
Isolation toits / rampantsNon
Remplacement des fenêtresNon
Isolation des murs (déjà exclue en 2026)Non

Pourquoi ce nouveau tour de vis : la stratégie d'électrification du pays

Cette réforme ne tombe pas du ciel. Elle prolonge directement la stratégie d'électrification présentée en avril 2026 par le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui fixe un objectif d'un million de pompes à chaleur installées d'ici 2030 et prévoit que l'ensemble des aides publiques aux particuliers accompagne ce basculement vers l'électrique.

Lue sous cet angle, la logique du décret devient limpide : chaque geste retiré de la liste des aides est un geste qui ne repose pas sur l'électricité comme vecteur final. Le poêle à bois et le chauffe-eau solaire sortent du dispositif en geste isolé ; la pompe à chaleur de chauffage, elle, reste financée et continue même de capter une part croissante de l'enveloppe MaPrimeRénov'. Ce n'est pas un hasard si la seule génération de chauffage qui survit au monogeste est précisément celle qui fonctionne à l'électricité.

Notre avis

Ce choix a une cohérence industrielle réelle : une PAC bien dimensionnée dans un logement correctement isolé est aujourd'hui la solution la plus efficace pour faire baisser une facture de chauffage durablement, et l'électrification du parc de chauffage est un axe nécessaire pour la décarbonation. Mais le faire au prix d'une fermeture brutale du monogeste prend le risque inverse : un ménage qui ne peut financer qu'un geste à la fois, faute de trésorerie pour un bouquet complet, risque de ne plus rien faire du tout plutôt que d'attendre une rénovation globale hors de portée. C'est précisément l'objection que portent la Capeb et plusieurs syndicats du génie climatique : la massification de la rénovation passe aussi par des premiers pas accessibles, pas uniquement par des chantiers à 30 000 ou 40 000 €.

Exemple concret — Jonzac (17)

Un propriétaire d'une maison ancienne, ménage aux ressources très modestes, envisage l'installation d'un chauffe-eau solaire individuel pour environ 7 000 € TTC.

Avant la réforme 4 000 €

d'aide MaPrimeRénov' en geste isolé (profil très modeste, hors CEE et TVA réduite)

Après la réforme 0 €

de MaPrimeRénov' sur ce geste seul, sauf intégration à une rénovation globale

Sur le territoire de la Haute-Saintonge, ce même propriétaire peut toutefois rester éligible à l'aide de la Communauté de Communes de la Haute-Saintonge dans le cadre de son OPAH-RU, qui prévoit une subvention complémentaire pour un projet de rénovation énergétique apportant un gain d'au moins 35 %, en complément d'une aide de l'Anah, dans le périmètre éligible (Jonzac, Pons, Montendre et les communes du dispositif). Cette aide locale reste conditionnée à un niveau de gain énergétique et ne remplace donc pas, à elle seule, la perte du monogeste national : à vérifier au cas par cas auprès de la Maison de l'Énergie de Jonzac ou en étude avec Poly Énergie.

Isolation de rampants sous toiture dans une maison ancienne de Charente, technicien posant des panneaux isolants

Ce qui change pour un projet en Charente-Maritime ou en Charente

La Charente-Maritime et la Charente comptent un parc de logements anciens important — maisons de pierre charentaise, fermes rénovées, pavillons des années 1970-1980 encore chauffés au fioul ou à l'électricité directe. Sur le terrain, une bonne partie des chantiers démarrent justement par un seul geste : on isole les rampants sous toiture une année, on change les fenêtres l'année suivante, on remplace le chauffage quand le budget le permet. C'est ce parcours par étapes qui devient plus compliqué à financer dès septembre.

Donnée terrain

Dans l'habitat ancien du littoral charentais, l'humidité et le vent d'ouest dégradent vite une isolation de toiture mal posée ; c'est historiquement l'un des gestes les plus demandés en premier, avant même le changement de chauffage, parce qu'il est rapide et nettement moins cher qu'une rénovation globale. Le retirer du monogeste va clairement changer l'ordre dans lequel les propriétaires engagent leurs travaux.

Concrètement, trois cas de figure se dessinent pour un projet en cours de réflexion :

Le chauffage (pompe à chaleur air-eau) : aucun changement attendu, le geste reste finançable seul. C'est même le geste qui continue de concentrer une part croissante des aides. Pour aller plus loin, voir notre page pompe à chaleur air-eau.

L'isolation de toiture/rampants ou le remplacement des fenêtres : si le projet n'est engagé qu'en geste isolé, il faut idéalement déposer le dossier avant l'entrée en vigueur de septembre, ou prévoir d'intégrer ce geste à un projet plus large. Pour les fenêtres, il faut toutefois garder à l'esprit que MaPrimeRénov' n'a jamais été très généreux sur ce poste en geste isolé : l'aide est forfaitaire par fenêtre remplacée (de l'ordre de 40 à 100 € selon les revenus, dans la limite d'environ 1 000 € de dépense éligible par fenêtre), ce qui couvre rarement plus d'une fraction du coût réel. La sortie de ce geste de la liste change donc moins la donne financière qu'on pourrait le penser à première vue — la TVA à 5,5 % et l'éventuelle prime CEE restent, elles, accessibles. Détails sur notre page menuiseries en Charente-Maritime.

Le poêle à bois ou le chauffe-eau solaire : même logique, à anticiper rapidement si le dossier n'est pas encore déposé.

Et le photovoltaïque ?

Point important à clarifier : cette réforme ne touche pas le photovoltaïque. MaPrimeRénov' ne s'est de toute façon jamais appliqué aux panneaux solaires photovoltaïques : ils relèvent d'autres dispositifs d'incitation, encadrés par l'arrêté tarifaire S21 (TVA à 5,5 % pour les installations RGE jusqu'à 9 kWc, et obligation d'achat du surplus auprès d'EDF OA). Sur ce dernier point, la prudence s'impose : le tarif de rachat n'est plus que de 1,1 c€/kWh depuis l'arrêté du 1ᵉʳ juin 2026 modifiant le cadre S21, un niveau qui rend la revente de surplus presque anecdotique dans le calcul de rentabilité — l'intérêt du solaire se construit aujourd'hui sur l'autoconsommation et le pilotage de la consommation, pas sur la vente au réseau. Pour estimer un projet, voir notre page panneaux solaires Charente-Maritime.

Isolation, chauffage, solaire : un ordre logique qu'il faut aussi savoir adapter

Cette réforme pose, en creux, une vraie question d'ordre des travaux. La logique généralement enseignée en rénovation énergétique est connue : isoler d'abord, pour réduire les besoins de chauffage du logement ; dimensionner ensuite un système de chauffage performant sur des besoins déjà réduits ; et seulement après s'intéresser au photovoltaïque, pour couvrir ce qu'il reste de consommation. En sortant l'isolation de toiture et les fenêtres du monogeste tout en maintenant la PAC chauffage, le décret du 2 juillet vient un peu perturber cet enchaînement naturel : il devient financièrement plus simple de changer son chauffage en premier que d'isoler en premier, alors que l'ordre inverse reste, sur le plan technique, le plus cohérent dans la majorité des cas.

Notre avis, à nuancer logement par logement

Cet ordre théorique (isolation puis chauffage puis solaire) reste une bonne référence par défaut, mais ce n'est pas une règle absolue. Sur certaines maisons, notamment quand l'enveloppe est déjà correcte ou que le budget total est contraint, il peut être plus pertinent de raisonner en coût global plutôt qu'en ordre de gestes : engager 25 000 € dans une isolation par l'extérieur reste un investissement qui ne se revend jamais à sa valeur et qui n'apporte aucun revenu ; flécher une partie de ce budget vers un chauffage performant et des panneaux solaires peut, sur certains profils de logement, produire un résultat thermique et financier comparable pour un budget moindre, tout en générant un actif valorisable. Il n'existe pas de réponse universelle : c'est précisément l'objet de l'étude technique, qui doit comparer les scénarios plutôt que d'appliquer un ordre de principe sans le vérifier sur le cas réel.

La confiance se mesure

Ce que disent nos clients

66 avis Google, note de 5/5.

Questions fréquentes

Quels travaux ne seront plus aidés seuls par MaPrimeRénov' à partir de septembre 2026 ?+
Selon les annonces du ministère, l'installation d'un poêle à bois ou à granulés, d'un chauffe-eau ou chauffage solaire, d'un ballon thermodynamique pour la seule eau chaude sanitaire, d'un système de ventilation, ainsi que l'isolation des toits et rampants et le remplacement des fenêtres sortiraient du parcours par geste. Ces travaux resteraient financés s'ils sont intégrés à une rénovation globale.
Est-ce que la pompe à chaleur de chauffage reste aidée ?+
Oui. La pompe à chaleur utilisée pour le chauffage du logement n'est pas concernée par cette réforme et continue d'être finançable en geste isolé, dans le cadre de la stratégie d'électrification portée par le gouvernement.
Mon dossier doit-il être déposé avant septembre pour être sûr d'être aidé ?+
Si le projet porte sur un geste concerné par la réforme (isolation de toiture, fenêtres, poêle, chauffe-eau solaire) et qu'il est pensé comme un geste isolé, déposer le dossier avant l'entrée en vigueur du décret sécurise l'éligibilité aux conditions actuelles. Le calendrier précis sera fixé après l'examen du Conseil national de l'habitat du 2 juillet.
Cette réforme concerne-t-elle les propriétaires de Charente-Maritime et de Charente ?+
Oui, les règles sont nationales et s'appliquent donc aux projets engagés à Saintes, Royan, Pons, Angoulême, Cognac ou ailleurs dans la zone. Le parc de logements anciens de la région, souvent rénové par étapes, est directement concerné par ce resserrement du monogeste.

Quel est l'impact réel sur votre projet ?

Entre le calendrier serré, les textes encore au stade de projet de décret et les enjeux financiers propres à chaque logement, le plus simple reste de faire vérifier sa situation avant de décider quoi avancer ou attendre.

★★★★★ Avis Google QualiPAC QualiPV Qualibat